Medusa : Symbole de force et victime des Dieux ?
Dana FrattaioliShare
Méduse, ou Médusa, qu'importe si le nom qu'on lui donne diffère en fonction de la bouche qui le prononce, le goût qu'elle laisse est le même. Celui de la colère, de l'injustice, de la peur, ...
Mais pourquoi ?
Médusa est belle, d’une beauté époustouflante, lumineuse. Elle attire les regards, parfois curieux, parfois admiratif, parfois envieux..
Elle est une prêtresse consacrée à Athéna.
Au temple, sa vie est dédiée au sacré, à la discipline et à la pureté choisie. Elle mène une existence tranquille.
Jusqu'à Poseidon. Dieu puissant et arrogant. Sa beauté ne la laisse pas indifférent. Il la désire. La courtise. Médusa, en revanche, fidèle au serment fait à Athena, refuse.
Refuser Poseidon ? Qui oserait ?
Dans le silence du temple, son refus fait echo à son égo. Il décide de lui prendre par la force, ce qu'elle refusait de lui donner. Sous le regard d'Athena, il la viole.
La beauté, alors admirée, devient une source de désir violent, sauvage et destructeur. Elle devient une honte. Une punition.
Et pourtant, la vraie punition ne frappe pas le bourreau. Athéna, supposée déesse de la sagesse, est envahie d'une jalousie sanglante, elle observe la scène. Lorsque le silence revient au temple, salie par l'orgueil, Médusa dû affronter une colère qui n'aurait jamais dû lui être destiné.
La colère d'Athena.
Ses cheveux, fut un temps source d'admiration, sont transformés en serpents dangereux.
Son regard capable de désarmé un homme, est maintenant devenu arme qui pétrifie,
Son corps objet de folie pour quiconque pose les yeux dessus, insufflera la peur à celui qui s'y attarde.
Avant de disparaître, Athena s'assura que la malédictions soit scellée. Quiconque se perdrait dans les yeux de la gorgogne, s'assurerait une place dans la barque du fils de la Nuit.
Les autres prêtresses, liées par un passé sacré, aujourd'hui murmurent, jugent et se détournent.
On ressent à travers les figures féminines de cette histoire la jalousie et la misogynie intériorisée : elles reproduisent sans le savoir la logique patriarcale qui blâme les femmes violentées plutôt que les hommes violents.
Médusa ressent l’injustice dans chaque fibre de son corps meurtri.
Tout ce qu’elle a connu : le sacré, la confiance, la dévotion, ... se retourne contre elle. Elle pleure, ressent une rage d'un autre monde, mais au travers de cette haine, elle découvre peu à peu sa puissance.
Le regard qui devait la condamner devient un bouclier. Les serpents, monstrueux et dangereux, deviennent ses gardiens et plus fidèles alliés. Et son corps, condamné à l'exile, lui est restitué dans son entièreté.
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Aujourd’hui, Médusa n’est plus seulement une victime. Elle est devenue un symbole : celui de la colère légitime et de la force diminuée. Elle nous parle à nous, femmes et hommes. Elle nous rappelle ce que c'est de se réapproprier son corps, sa voix, son regard, sa vérité.
Elle nous enseigne que la blessure peut devenir puissance, et que la peur projetée par l'autre ne diminue jamais notre lumière.
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Rituel à effectué : ferme les yeux et visualise Médusa. Sens la douleur de l’injustice, imagine la haine qu'elle a dû ressentir, puis transforme-la en force protectrice. Quels aspects de toi ont été jugés ou attaqués à tort ? Comment peux-tu, comme Médusa, les transformer en armure et en pouvoir ?